Sur le chemin de la capitale, nous allons, mon épouse et moi-même, mener nos pas dans le 8e et aux portes du 17e arondissement, partis le matin en car avec un retour en soirée déjà programmé (pas d'encombrements dans le "périph." à prévoir, le temps reste à la détente et l'esprit bien centré sur l'idée de flânerie et de décourverte... de vraies pérégrinations!). Dans la froidure d'une journée d'automne, la chaleur de Paname ne pouvant rien y faire, nous remontons le boulevard Malesherbes, plongée au coeur du 17e... Jusqu'à la place Saint-Augustin. Le silence. Juste une petite poignée de passants mais où sont les parisiens ?
Nous envisageons de prendre à droite de l'église Saint Augustin vers la rue du général Foy en direction de la rue de Levis, afin de recharger notre réserve de thé, au fameux Palais des Thés (Thé à cuisiner, thé blanc ou noir de Noël, épicé aux arômes surprenants au nez comme en bouche, thé noir fumé du Fujian qui relie notre palais au goût des racines, de la feuille qui libère son histoire, son vécu, un thé du soir - sans théine - pour nous poser après une journée de travail et nous offrir de manière parcellaire, un petit voyage vers les saveurs du Sud et de l'Orient). Entre temps et à mesure de notre avancée, les odeurs mélangées, la houle des voix nous porte littéralement vers le marché du samedi matin, rue de Levis, ils sont tous là ! ... Primeurs, rôtisseurs, poissonniers, le ciel s'éclaircit, le froid retombe, nous voudrions rester et nous asseoir à une bonne table: - S'il vous plaît ! Contez-nous la petite histoire qui ouvre grand les oreilles de nos papilles! ... Mais chacun s'affaire à vendre et ses pommes de terre et sa poularde...
Midi sonne, traversée du Parc Monceau, très bel endroit et direction la place de Rio de Janeiro ou nous choisissons de faire une halte au Valois, une brasserie accueillante et bien parisienne: une petite table pour deux et vue sur une fausse boutique de cireur, décorum soigné de la brasserie traditionnelle et une clientèle qui ne semble pas toujours prendre la mesure de ce qu'on lui sert, avec soin... Un article de Gilles Pudlowski fait référence à ce lieu [http://www.gillespudlowski.com/71494/restaurants/la-nouvelle-donne-du-valois-paris-8e]. Un saumon bio, snacké et ses haricots frais, une assiette de fromages, sublime, véritable partition gustative où les notes persillées, à base de pâte pressée, de pâte molle à croûte lavée, tourbillonnent autour d'une rondelle gourmande et estampillée de beurre Bordier, l'ensemble accompagné d'un Hautes-côtes-de-nuit. Pour finir et atterrir en douceur, deux boules de glace Berthillon, crémeuses aux parfums renversants.
Nos pas nous guident encore, de retour vers le boulevard Haussmann, aux rayons épicerie des Galeries Lafayette Gourmet, vers d'autres démonstrations, comme la découpe lente de la cuisse bombée d'un jambon affiné, la revue (sans musique) de quelques poulardes de Bresse, ou l'étalage de produits fins, multiples qui rappellent, dans l'atmosphère étouffante des lieux et du tumulte de la clientèle, quelques extraits d'au Bonheur des Dames de Zola. Mais la plongée au Bon marché ou à la Grande épicerie seront davantage explicites sur ce point, article(s) à suivre...